Boris Cyrulnik : stop ou encore ? Allodoxia » Boris Cyrulnik : stop ou encore ? C’est il me cherche isabelle filliozat pdf la complicité plus ou moins volontaire d’innombrables intermédiaires que s’est construit un leurre non seulement étonnant, mais aussi et surtout préoccupant.

Car travesties pour le grand public en parole de sagesse pétrie de science, les théories portées par la voix lénifiante du bon docteur sont loin d’être anodines. Boris Cyrulnik à donner son avis d’expert sur le phénomène des CV mensongers. Le mythomane est désespéré, quelque chose de douloureux lui est arrivé. Il éprouve de la honte, il se sent jugé par l’autre et veut briller. Je propose d’unir tout cela sous le mot leurre qui fait partie du vivant. Dès l’instant où l’on est vivant, on est en danger et on a besoin de leurrer.

Avec ce genre de présentation, il n’est pas étonnant que ses livres paraissent sérieux et se vendent si bien. Pour ma part, il me semble qu’une remarque faite par Boris Cyrulnik à propos de ce livre en donne une clé de lecture bien plus pertinente. Si divers éléments ont contribué à cette carrière extraordinaire, deux me paraissent essentiels. Le second élément qui me paraît essentiel est son « CV miraculeux » de praticien-chercheur à la fois neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste, qui lui permet de jouer sur plusieurs tableaux.

Par ailleurs, cela fait de lui un expert légitime de chacune des disciplines dont il est censé être un représentant, et il peut ainsi invoquer l’une ou l’autre selon le sujet et selon les attentes de son public, de même que ceux qui le citent peuvent choisir de mettre en avant l’une ou l’autre des ses étiquettes. Enfin et peut-être surtout, il se trouve ainsi positionné comme seul capable de puiser dans chacune de ces disciplines pour accéder à un niveau supérieur de compréhension de l’être humain. S’il s’avérait que le CV de Boris Cyrulnik soit trop miraculeux pour être vrai, il lui serait facile d’invoquer la complicité de la société. Je vous invite à le parcourir non seulement pour bien prendre conscience de l’ampleur du phénomène, mais aussi parce que les variations sont significatives et parfois cocasses. Professeur à l’université de Toulon », « neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste », « Ancien interne des Hôpitaux, Neurologie Paris, psychiatrie Marseille. Consultant des Hôpitaux en Neurologie. Direction d’une cinquantaine de Thèses », « Prix Jean Bernard : recherche médicale », « Ethologue confirmé », et j’en passe.

Le site web des éditions Odile Jacob aurait intérêt à mettre en avant tous ces marqueurs de légitimité scientifique. Il y est cependant présenté très sobrement, comme « neuropsychiatre » et « directeur d’enseignement à l’université de Toulon », c’est tout. Serait-ce qu’en dehors de ce diplôme et de ce poste au contour flou, ce qui est mentionné dans les diverses sources citées ci-dessus n’est pas pertinent ? SOUS LES ETIQUETTES, DU BŒUF OU DU CHEVAL ?

S’ajoutent les inquiétudes liées au devenir de l’enfant, l’ignorance du peuple assurerait un pouvoir invisible et actif sans rien faire. Dans un premier temps, il n’y a pas de raison de « fuir » a priori. Il s’agit effectivement d’un dossier à charge, révélateur des représentations et de l’ordre social. D’autres cultures le découvrent, ces variations au cours de la journée sont bien sûr à relativiser selon chaque enfant.

Il n’a pas été facile de démêler le vrai du faux, d’autant que Boris Cyrulnik a choisi de ne pas répondre à mes demandes d’entretien. Un certain nombre d’éléments clairs sont néanmoins ressortis de mon enquête. 10 ans à le qualifier de « père » ou « théoricien » de la résilience. En effet, il n’a inventé ni ce concept, ni son appellation. 2002 prétendu connu pour ses « travaux » sur la résilience. 4041 publications en psychologie, psychiatrie, neurologie ou pédiatrie comprenant à ce jour le mot resilience dans le résumé ou les mots-clés, une seule est de Boris Cyrulnik, faite en 2008, indexée en tant que matériel éditorial et non article scientifique.

Il est vrai que là encore, il a entretenu le malentendu. Ainsi, il a notamment suggéré qu’il avait été à la pointe de la prise en charge et de l’étude des enfants découverts dans les orphelinats roumains après la chute de Ceausescu en 1989. Il dit par exemple en 2001 : « J’ai beaucoup travaillé avec les orphelins roumains de l’ère de Ceausescu, abandonnés très tôt dans des institutions inhumaines. Quand on parlait de ces enfants, on nous disait : « Ce sont des monstres. Dans la littérature scientifique rapportant les études de suivi des orphelins roumains adoptés, je n’ai pourtant trouvé ni mention de Boris Cyrulnik, ni article signé par lui. En fait, c’est par Michael Rutter que bon nombre de ces études ont été menées.

Il semble bien que Boris Cyrulnik ait ici tenté non sans succès de se faire passer pour le sujet d’une histoire dont il a été le spectateur, et d’en faire l’histoire merveilleuse qu’il lui plaisait de raconter. 2002 à l’EPHE une thèse en psychologie positive. Boris Cyrulnik la présidait, et Jacques Lecomte en était le secrétaire général. 2004 comme ayant « 300 chercheurs » affiliés et sur le point de commencer à publier des « Cahiers de la résilience », et elle devait avoir un site web dédié.

Boris Cyrulnik n’a aucun diplôme dans cette discipline. S’il ne semble pas avoir explicitement prétendu le contraire, il a cependant été suffisamment ambigu pour le laisser croire. Pour moi, les deux vont de pair » lorsqu’on lui demande « Aujourd’hui, vous êtes plutôt éthologue ou neuropsychiatre ? A ce compte là je pourrais me dire mathématicienne, physicienne, chimiste, neurobiologiste, psychologue, etc. Cela étant dit, il n’y a pas que les diplômes qui comptent : il ne serait pas aberrant de le présenter comme éthologue s’il avait occupé un poste de chercheur en éthologie et publié des recherches dans ce domaine, ne serait-ce que sur les goélands dont il a plusieurs fois été écrit qu’il était un spécialiste. Ni sur les goélands, ni sur une autre espèce. A mon sens, le simple fait de se présenter comme éthologue relève dans son cas déjà de l’imposture.

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